Aller au contenu principal

    InfographieIntelligence artificielleSérie Comprendre l'IA, volet 1

    IA générative : un Français sur deux, une entreprise sur cinq

    Par Thibault Panier · Publié le · Données arrêtées au 20 octobre 2026 · Mis à jour le

    Une IA générative est, selon la CNIL, un système capable de créer du texte, des images ou d'autres contenus à partir d'une instruction humaine. En trois ans, elle est entrée chez un Français sur deux, 48 % des 12 ans et plus en 2025 selon le CRÉDOC, et chez 85 % des 18 à 24 ans. Côté entreprises, l'INSEE n'en compte qu'une sur cinq. L'écart entre les deux est le sujet de cette page.

    Pourquoi cette page

    En cours comme en conférence, la question revient sous deux formes : qu'est-ce que c'est exactement, et est-ce que tout le monde s'en sert déjà. Les réponses qui circulent mélangent définitions marketing et chiffres d'éditeurs.

    Cette page ne retient que des sources institutionnelles de premier niveau, CNIL, CRÉDOC pour l'Arcep, INSEE, Eurostat, Commission européenne, et dit à chaque fois ce qui est compté, sur quel périmètre, à quelle date. C'est la première partie du volet « Comprendre l'IA » ; la seconde aide à choisir entre ChatGPT, Gemini et Claude.

    Qu'est-ce qu'une IA générative ?

    La CNIL la définit comme un « système capable de créer du texte, des images ou d'autres contenus à partir d'une instruction d'un utilisateur humain » (plan d'action IA, 16 mai 2023). Le règlement européen sur l'IA parle, lui, de « modèles d'IA à usage général » pour désigner les modèles qui les font tourner.

    De la donnée à l'usage, quatre couches qui s'empilent

    Corpus d'entraînement
    Les textes, images et sons sur lesquels le modèle a appris.
    Modèle
    Le grand modèle de langage ou d'image, entraîné une fois à grands frais, qui produit les réponses.
    Interface
    L'assistant que vous ouvrez, ChatGPT, Gemini, Claude, ou un outil métier bâti dessus.
    Usage
    Ce que vous en faites : rédiger, résumer, coder, analyser, créer.

    Ce que dit le droit européen

    Les obligations de l'AI Act pour les modèles à usage général s'appliquent depuis le 2 août 2025 ; les sanctions sont possibles depuis le 2 août 2026 ; les modèles mis sur le marché avant août 2025 doivent être conformes au 2 août 2027 (Commission européenne, lignes directrices GPAI, 18 juillet 2025).

    Combien de Français utilisent l'IA générative ?

    Un Français sur deux, et la courbe ne s'est pas infléchie.

    Part des Français de 12 ans et plus utilisant l'IA générative (CRÉDOC pour l'Arcep, l'Arcom, le CGE et l'ANCT, Baromètre du numérique 2026)
    AnnéePart
    202320 %
    202433 %
    202548 %

    Enquête de juin 2025 sur 4 145 personnes, publiée le 9 février 2026. Chez les 18 à 24 ans, 85 % utilisent l'IA générative. Un utilisateur sur trois s'en sert chaque jour (34 %), et un sur deux jongle avec plusieurs assistants (51 %).

    Outil le plus utilisé par les utilisateurs français (CRÉDOC, 2025)
    OutilPart
    ChatGPT63 %
    Gemini13 %
    Autres24 %

    Claude n'est pas isolé dans l'enquête. 19 % des utilisateurs paient un abonnement, soit 9 % de la population (CRÉDOC, rapport complet).

    Une mesure plus récente, sur un autre périmètre

    L'Ifop pour Converteo mesure en mars 2026 64 % d'utilisateurs parmi les 15 ans et plus, contre 44 % un an plus tôt, et 41 % d'usage hebdomadaire contre 35 % en août 2025 (1 051 personnes, relais CB News, mai 2026). Le chiffre ne se compare pas aux 48 % du CRÉDOC : périmètre d'âge, date et formulation diffèrent. Il dit une chose, la courbe continue de monter.

    Les entreprises françaises utilisent-elles l'IA ?

    Une entreprise sur cinq, et l'écart par taille est le vrai chiffre.

    18 % des entreprises de 10 salariés ou plus utilisent au moins une technologie d'IA en 2025, contre 6 % en 2023 et 10 % en 2024 : trois fois plus en deux ans (INSEE, Insee Première n° 2120, 21 juillet 2026, secteurs marchands hors agriculture et finance, 11 000 entreprises).

    Usage par taille d'entreprise, France, 2025 (INSEE)
    TaillePart
    10 à 49 salariés15 %
    50 à 249 salariés31 %
    250 salariés et plus58 %

    Parmi les utilisatrices, 43 % recourent à la génération de texte ou de parole. Chez les non utilisatrices, 71 % invoquent l'absence d'utilité et 54 % le manque d'expertise.

    Deux tiers ou une sur cinq ?

    La Banque de France compte plus des deux tiers d'entreprises d'au moins 20 salariés déclarant utiliser l'IA générative début 2026 (Bulletin n° 266, environ 7 000 entreprises). L'INSEE compte l'usage organisé par l'entreprise, la Banque de France l'usage déclaré, salariés compris, souvent expérimental. Les deux sont vrais, et l'écart entre les deux est le sujet : l'IA est entrée dans les bureaux avant d'entrer dans l'organisation.

    Où se situe la France en Europe ?

    Dans la moyenne, loin du Danemark.

    Part des entreprises de 10 salariés ou plus utilisant l'IA, 2025 (Eurostat, 11 décembre 2025, 157 000 entreprises ; INSEE pour la France)
    PaysPart
    Danemark42,0 %
    Allemagne26,0 %
    Union européenne20,0 %
    France18 %

    L'Union passait de 13,5 % en 2024 à 20,0 % en 2025. Les trois paliers de taille européens, 17, 30 et 55 %, sont presque identiques aux paliers français, 15, 31 et 58 % : la taille explique l'adoption bien plus que le pays.

    Quelles sont les données les moins solides de cette page ?

    64 % contre 48 %

    Deux enquêtes sérieuses, deux périmètres (15 ans et plus contre 12 ans et plus), deux dates (mars 2026 contre juin 2025), deux formulations. Le CRÉDOC va en grand chiffre parce qu'il est institutionnel et lu dans le texte ; l'Ifop est connu par un relais de presse et sert à dater la tendance.

    Les deux tiers de la Banque de France

    Aucun recoupement indépendant, et une question qui inclut l'usage individuel des salariés que l'INSEE exclut. La nuance est utile, le chiffre ne remplace pas celui de l'INSEE.

    19 % d'utilisateurs payants

    Tiré du rapport complet du CRÉDOC par deux relais de presse, rapport non lu en entier.

    Lexique express

    IA générative
    Système capable de créer du texte, des images ou d'autres contenus à partir d'une instruction d'un utilisateur humain (définition CNIL, 2023).
    Grand modèle de langage
    Modèle entraîné sur d'immenses corpus de texte pour prédire et produire du langage ; le « cerveau » derrière un assistant.
    Jeton et fenêtre de contexte
    Le jeton est l'unité de texte que lit le modèle, un mot ou un fragment de mot ; la fenêtre de contexte est le nombre de jetons qu'il peut tenir en mémoire dans un échange.
    Prompt
    L'instruction écrite donnée à l'assistant ; sa précision conditionne la réponse.
    Modèle à usage général
    Terme du règlement européen pour un modèle capable d'accomplir un large éventail de tâches, soumis à des obligations propres depuis août 2025.

    Sources et méthode

    Chaque chiffre porte son périmètre, son année et son statut. Les sources institutionnelles de premier niveau sont distinguées des relais de presse. Pages lues le 20 octobre 2026 ; données périssables, mises à jour à chaque nouvelle édition du Baromètre du numérique et de l'enquête TIC.

    La seconde partie de ce volet aide à choisir entre ChatGPT, Gemini et Claude.

    À retenir

    • Un. L'IA générative est passée de 20 % à 48 % des Français en deux ans, et à 85 % des 18 à 24 ans : pour la génération qui entre sur le marché du travail, c'est déjà un outil ordinaire.
    • Deux. Une entreprise sur cinq l'utilise de façon organisée, mais deux tiers déclarent y toucher : l'IA est entrée dans les bureaux avant d'entrer dans l'organisation, et c'est cet écart qu'un dirigeant doit combler.
    • Trois. La taille explique l'adoption bien plus que le pays : 15 % des petites entreprises, 58 % des grandes, en France comme dans l'Union.

    Vous voulez en savoir plus ?

    Ces ressources sont le point de départ de mes conférences et ateliers. Si vous voulez les faire parler pour votre équipe ou votre comité de direction, écrivez-moi, je réponds sous 24 heures ouvrées.